
L’année 2022 a vu l’instauration d’un « nouveau type » de validation des acquis de l’expérience (VAE) opérant un changement de vision dans ce domaine de la formation.
La VAE traditionnelle suppose de recenser et retravailler les expériences professionnelles antérieures du salarié souhaitant finaliser un titre ou à un diplôme s’y rapportant.
La VAE « inversée » combine l’acquisition quasi concomitante de compétences et leur réinvestissement dans un titre de formation techniquement ciblé.
Philosophie du dispositif
| Etape 1 | Etape 2 | |
| VAE | Expérience professionnelle antérieure globale | Obtention du titre |
| VAE inversée | Expérience professionnelle actuelle ciblée |
20 ans après la création de la validation des acquis de l’expérience, la VAE inversée constitue une modernisation du processus originel, doublé d’un changement de philosophie : les compétences prises en compte pour l’obtention d’une qualification donnée peuvent ne plus être uniquement issues du passé professionnel du candidat mais découler d’une expérience acquise immédiatement sur le terrain dans le cadre d’une contractualisation destinée à la lui fournir (sous réserve que cette innovation se pérennise effectivement).
Prévu par la Loi du 21 décembre 2022, le propre du nouveau système mis en place est d’être expérimental, de concerner des secteurs limités (ceux ayant des métiers connaissant des difficultés de recrutement) et de reposer sur un seul outil juridique (le contrat de professionnalisation).
L’expérimentation est ouverte depuis le 26 juin 2023 pour une durée de 3 ans. Elle permet, dans le cadre d’un appel à projet gouvernemental, la candidature d’entités variées (branches professionnelles, entreprises privées, organismes de formation agréés, opérateurs de compétences) qui seront autorisées à régulariser un contrat de professionnalisation aménagé incluant « des actions en vue de la VAE ».
Ainsi dans certains secteurs des entreprises pourront, sous réserve d’agrément préalable, embaucher en contrat de professionnalisation des personnes non qualifiées pour occuper un poste ouvert au recrutement; l’expérience acquise permettant aux individus recrutés de régulariser à terme un diplôme, un titre ou un bloc de compétences d’une certification donnée.
Ces employeurs, porteurs du projet, auront respectivement :
– des obligations (fourniture d’une formation de terrain en rapport avec la certification recherchée, gestion de partenariats avec les organismes de formation pour la délivrance des notions théoriques voire l’acquisition de pratiques professionnelles et obligation de rendre compte à la DGEFP)
– des droits (une aide financière de 9.000,00 €)
L’expérimentation concernera 5.000 personnes, qui bénéficieront dans ce cadre contractuel aménagé d’une reconversion ou d’une action d’insertion professionnelle leur offrant :
- un contrat rémunéré (CDD)
- une formation pratique sur mesure
- une nouvelle expérience professionnelle
- la possibilité de certifier les compétences acquises dans ce cadre contractuel
Bien évidemment, les exigences de la VAE et celles du contrat de professionnalisaient subsistent, d’où certaines conditions exigées des futurs recrutés :
- avoir la majorité
- présenter le niveau minimum requis par la formation à valider
- être doté d’une expérience d’au moins une an en lien avec la formation visée
On rappellera, qu’outre la VAE inversée, la Loi de décembre 2022 a mis sur pied un service public de la VAE et une plateforme numérique dédiée à la validation des acquis (France VAE) dont la version d’essai est en ligne.
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- Loi n°2022-1598 du 21 décembre 2022 portant mesures d’urgence relatives au fonctionnement du marché du travail en vue du plein emploi
- Décret n° 2023-697 du 26 mai 2023 relatif à la validation des acquis de l’expérience : ce décret définit les conditions d’application de la VAE inversée.
- Arrêté du 26 juin 2023 fixant le cahier des charges de l’expérimentation de la validation des acquis de l’expérience inversée : cet arrêté précise les modalités de mise en œuvre de l’expérimentation de la VAE inversée.
